Quimper : quelle sécurité pour les femmes ?

 

La sécurité est la première des libertés. Un état démocratique doit pouvoir assurer à ses citoyens le droit de vivre et circuler en toute sécurité pour leurs personnes et leurs biens. La déclaration de 1789 comme la déclaration universelle des droits de l’homme le précisent :
« Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne. »

Penser sa ville en termes de sécurité est donc normal pour une ou un maire. Et il est bon de rappeler  combien l’espace public peut devenir parfois un espace de danger. C’est particulièrement vrai pour les femmes ; ce n’est pas un hasard si depuis quelques années la problématique des femmes dans l’espace public et de l’insécurité qu’elles peuvent y vivre a même entraîné une réflexion sur l’urbanisme. Les géographes le constatent : «Longtemps la ville a été conçue par et pour les hommes ».

Qu’en est-il de la polémique quimpéroise sur les dispositifs de sécurité ? Des trois mesures décidées, la plus pertinente est celle du recrutement d’agents de sécurité publique. Rien ne vaut en effet une présence humaine qui permet le dialogue, la connaissance des acteurs de terrain, la prévention.  C’est d’ailleurs le sens de la police de sécurité  du quotidien que veut mettre en place le gouvernement.

Les caméras de surveillance, on le sait, permettent au mieux de retrouver après coup les acteurs de délit, mais dès que leurs emplacements sont connus, le problème est simplement déplacé dans une autre zone. Elles posent de plus la question de la liberté individuelle du citoyen suivi dans tous ses actes dans l’espace public.

Il en est de même pour  le dispositif « voisins solidaires ».  Les panneaux d’avertissement de « zone de vigilance » qui ressemblent étrangement à des panneaux d’avertissement de radars routiers, au-delà de la maladresse évidente dans la communication, indiquent qu’il y aurait des zones « sûres » dans Quimper, donc à éviter pour les délinquants,  et d’autres qui ne le seraient pas.  Le seul avantage  du dispositif est peut-être d’éviter les initiatives privées de défenseurs autoproclamés. Fort heureusement la solidarité de voisinage existe naturellement dans bien des cas. Quand un voisin part en vacances, on garde un œil sur sa maison, il vous donne les clés pour relever le courrier.  Il existe enfin le dispositif « tranquillité vacances » qui permet une surveillance de la maison après inscription au commissariat de police.

Mais ni le maire, ni les élus Piero Rainero et Matthieu Stervinou, ni la LDH dans leurs communiqués  n’ont abordé la question spécifique de la sécurité des femmes. Or le dernier rapport sur la situation en matière d’égalité hommes et femmes, qui sera soumis en conseil communautaire et en conseil municipal, fait état d’une position défavorable de Quimper  en matières de violences sexuelles parmi les communes de même strate : 59éme sur 80.

On pourrait penser que l’argent consacré aux panneaux de « voisins solidaires » aurait été mieux employés à une campagne contre le harcèlement sexuel et les violences familiales.  On pourrait aussi imaginer, comme action solidaire, l’accompagnement  des personnes seules qui en ressentent le besoin quand elles doivent traverser Quimper la nuit en rentrant de la gare ou de tout autre lieu.

Toutes ces questions méritent un débat qui n’a pas malheureusement pas eu lieu.

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