Stationnements et transport : les errances de l’équipe de Ludovic Jolivet

Stationnement et transport ont constitué l’angle d’attaque privilégié des dirigeants de l’opposition lors du mandat Poignant ; ils étaient aussi au cœur de leur campagne électorale. Qu’en est-il après plus d’un an à la tête de la collectivité ?
Une pénurie fictive
Les uns et les autres dénonçaient à cors et à cris une pénurie de stationnement à Quimper, au point que nombre de cornouaillais, apeurés, renonçaient à venir y faire leurs courses. Le programme électoral de Ludovic Jolivet s’engageait à y remédier en créant plus de 900 places par la réalisation de parkings souterrains place de la Tour d’Auvergne et à la gare et par l’agrandissement des parkings Théodore Le Hars et De Lattre de Tassigny. Il n’en est plus question aujourd’hui : aucune place créée, aucune étude, aucun projet programmé. Est-ce à dire que la pénurie aurait disparu ? Elle n’a en fait jamais existé. Il s’agit d’une opération de communication dont les commerçants ont été les premières victimes.
Le même scénario est à l’œuvre pour le parking du Stéïr : une levée de boucliers lors de sa création et de sa tarification au-delà de la première heure gratuite. La nouvelle municipalité a-t-elle rétabli la gratuité ? Non. Il suffisait pourtant de lever les barrières. Mieux encore, la nouvelle tarification adoptée lors du dernier conseil municipal entraîne une hausse de 1€ pour l’usager qui y laisserait sa voiture à la journée (4,80€ au lieu de 3,80€, plus de 25% d’augmentation).
Un transport « Illiqo » mais pas presto
Le schéma transport a été sacrifié dans un joyeux autodafé, et au prix de consistants dédommagements aux entreprises concernées dans un contexte de restrictions des activités et de l’emploi. Que nous proposait, en remplacement, Ludovic Jolivet dans son programme ? Un bus toutes les 5 mn sur les lignes armatures (conservées de l’ancien plan), une extension des horaires jusqu’à 23h30, des bus gratuits le samedi matin, un service autolib et velib. Qu’en est-il aujourd’hui ? On nous annonce comme une grande innovation un cadencement à 12 mn sur les lignes 1 et 5. C’est en réalité une diminution du service par rapport à l’état actuel : fréquence de 8 à 10 mn en heures de pointe, 13 à 20 mn en heures creuses. Le lissage aboutit à un temps d’attente accru aux heures où les usagers sont les plus nombreux et les plus pressés. L’allongement de service en soirée se réduit à 21h30. L’impact de la gratuité des bus le samedi matin reste flou : André Guénégan s’obstine à ne donner que des pourcentages d’augmentation de fréquentation (+ 40%) et non les chiffres bruts. Sachant que le samedi matin était la plage horaire la moins fréquentée de la semaine, on peut s’interroger sur l’ampleur réelle du phénomène. Cette gratuité devait permettre à des non-usagers de découvrir le bus et les fidéliser : y a-t-il une augmentation de la fréquentation les autres jours, un accroissement des abonnements ? On ne le sait.
Un bus à bas niveau de service
Enfin le maire et président de la communauté affirme que « si le plan transport avait impliqué Bolloré et ses bus électriques, il aurait pu se mettre en place. C’est l’élément qui aurait fait pencher la balance du bon côté ». C’est avouer que le plan transport en lui-même était satisfaisant puisqu’il portait sur les infrastructures, la reconfiguration des lignes pour mieux coller à l’évolution des besoins, les fréquences, horaires et vitesses commerciales, le système d’information, mais pas sur le matériel, les bus qui sont renouvelés au fur et à mesure de leur obsolescence. Rien de plus facile donc que d’acheter au fur et à mesure les bus électriques. Pour le tramway électrique, c’est une autre question : même si les investissements sont 10 fois moins élevés qu’un tramway classique, il nécessite une adaptation des stations pour le « biberonnage » et une voie réservée, toutes choses que le plan de transport rendait possibles.
En tout état de cause, à l’heure où les autres villes bretonnes s’équipent, c’est une proposition à bas niveau de service qui est faite aux quimpérois.

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