L’augmentation du nombre d’élues à l’assemblée passe par l’acceptation de candidates novices en politique

Dans la polémique actuelle sur l’incompétence de candidats En Marche novices en politique, les femmes sont spécialement visées. Pourquoi ?  C’est mathématique : la République En Marche est le parti qui présente le plus de femmes (51%), et cela, à l’inverse des mauvaises habitudes d’autres partis,  autant dans des circonscriptions gagnables que pour les hommes. Or le petit nombre de femmes élues à l’assemblée (26% pour le dernier mandat) fait que le nombre de femmes sortantes est de beaucoup inférieur à celui des hommes sortants. Il y a donc nettement plus de candidates sans passé politique que de candidats.

Ces femmes ne sont pas pour autant sans expériences ni compétences. Elles les ont eues dans des domaines professionnels, associatifs. Mais souvent elles n’ont pas l’habitude des plateaux télés et des débats contradictoires avec des adversaires aguerris. On a beaucoup glosé, et de façon très condescendante,  sur quelques candidates que ces circonstances ont tétanisées. Mais on commet l’erreur de confondre l’aisance orale et la connaissance des codes des médias avec le sérieux et la compétence.

Pourtant nous souffrons trop souvent de l’inverse : de ces élus qui s’écoutent parler, capables de « tenir » sur n’importe quel sujet, mais dont on cherche vainement quand ils se sont enfin tus et que l’on cherche à faire la synthèse de leur propos, ce qui est à retenir ;  de ces élus si brillants dans les discours,  si pauvres en actions et en résultats.

Prendre la parole, on le sait, c’est  prendre le pouvoir. Beaucoup de femmes, encore aujourd’hui, ne se sentent pas totalement légitimes à le faire. Alors la parole vacille, tremble, peine à se faire entendre. A côté même un imbécile, mais plein d’assurance, est capable de donner l’illusion de la pertinence à des propos de comptoir ou de noyer sous l’abondance des propos la pauvreté de la pensée.

Mais prendre la parole sur un plateau cela s’apprend, cela s’affine et se conforte au fil du temps et de l’expérience. Donnons donc leur chance à ces femmes. Toutes ne seront pas brillantes mais elles ne seront pas pires que d’autres élus hommes dont la médiocrité  se révèle tous les jours sans choquer grand monde. Comme le disait Françoise Giroud en forme de provocation :  »  « La femme serait vraiment l’égale de l’homme le jour où, à un poste important, on désignerait une femme incompétente. »

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